Comment réaliser soi-même un canapé en lin ? #DIY

Allez, avouez-le, je suis sûre que le canapé en lin vous a tapé dans l’oeil à vous aussi ! Entre simplicité et élégance, le lin revient, tel un intemporel, dans la décoration d’intérieur. Matière brute et naturelle, elle reste douce, à l’instar des draps en lin qui sont maintenant devenus incontournables…

J’avais donc moi-aussi envie de deux jolis canapés en lin pour mon salon. Mais j’avais deux problématiques : le coût et la couleur… Le canapé est un pièce qui coûte cher. Celui-ci se vend facilement entre 1000 et 2000 € pièce selon la marque chez qui on l’achète. Et clairement, après plus de 2 ans de travaux, je n’avais pas ce budget pour mes canapés. Et puis, on le voit surtout en blanc. Alors, c’est vrai qu’en blanc, il est magnifique mais non seulement, j’avais trop peur qu’ils servent d’essuie-mains à mes enfants mais aussi, je n’étais pas entièrement convaincue par le blanc dans mon salon. Et oui, le vert, c’est notre couleur, alors pourquoi changer : je les voulais vert… Oui mais vert de gris, pas n’importe quel vert…

J’ai donc décidé, après quelques arguments bien placés (voir mon précédent article sur Comment tomber d’accord sur la déco avec son conjoint ? 🙂 ) qu’on allait les faire nous-mêmes. Alors un peu d’inventivité, de matériel et un gros week-end devant soi et c’était parti !

J’avoue que je me suis vraiment demandée si on allait au bout du compte avoir un canapé assez solide et assez confortable. Et oui, il fallait qu’ils soient assez solides pour supporter les courses et les sauts de nos petits monstres… Résultat, ils sont aussi solides que nos précédents canapés. Et question confort, on est également très content. Le fait d’avoir choisi un matelas le rend agréable pour l’assise et on peut adapter les coussins comme on veut pour se caler le dos. Et en bonus, en avoir deux, nous crée un lit double d’appoint quand on reçoit en utilisant uniquement les matelas…

On m’a également posé la question de savoir si on pouvait en faire une méridienne : tout à fait, je conseillerais juste de garder les 3 côtés de la structure à adapter pour conserver la solidité justement.

Concernant le modèle choisi, je suis partie du modèle bien connu d’un fabricant italien pour le concevoir mais ceux là m’ont inspiré également :

@zoedelascases

@audreyfitzjohn

 

Liste des fournitures et références : 

Pour la constructionChez Leroy Merlin

  • 2 planches d’OSB3 Ep 18mm 205×67,5cm – 27€
  • 2 équerres chaise 80 mm – 2,20€
  • 2 équerres chaise 140 mm – 3,10€
  • 8 boulons et écrous M10 – 9,55€
  • lot d’agrafes prof 14mm et 8mm – 3,10€

Soit 44,95€

Pour le rembourrageChez artapisserie.fr

  • 2 Plaques de mousse Polyéther 25 kg 160×200 Ep 4cm – 65,80€ 

(j’ai utilisé 3 plaques pour 2 canapés, donc si vous trouvez 1 plaque et 1 demi plaque, c’est suffisant)

  • 3 mètres de Ouate polyester 200 g/m2 – 15mm Largeur 160cm – 14,70€
  • des vieux draps ou du linéaire de coton basique, peu importe si ce n’est pas blanc

Soit 80,50€ 

Pour l’assise 

  • 1 sommier tapissier à lattes avec 4 pieds en 80x200x14cm – Cdiscount – 84€
  • 1 matelas en mousse ferme – IKEA Malvik – 99€ (soldé à 69€)
  • 4 oreillers hauts 65x65cm – IKEA Vildkorn – 40€ (soldé à 20€)
  • 2 coussins à recouvrir 50x50cm rembourrage plumes – IKEA Fjädrar – 12€

Soit 235€ 

Pour les housses

  • 2 draps plats anciens très grands, minimum 2×2,60m, soit en lin, soit mélangé avec du coton mais avec le plus de lin possible pour avoir l’effet lin lavé (comment savoir ? vous le verrez à l’oeil nu et au touché) – Emmaüs ou autre Brocante – 20€

Si vous souhaitez les teindre, prévoir également :

  • 2 paquets de teinture : J’ai quant à moi choisi le coloris Kaki 21 chez IDEAL – 16€

Soit 36€

Liste du matériel : 

  • une agrafeuse électrique
  • une perceuse/visseuse

Coût : 396,45 € pour 1 canapé avec les coussins

Temps

  • structure + mousse + ouate : 1 jour
  • toile + patron + coupe : 1 jour
  • couture housse et 5 coussins : 2 jours

Donc 4 jours : C’est vrai que c’est un DIY qui prend du temps, c’est un gros projet mais qui en vaut la peine. 

la structure

Voici le canapé que nous allons réaliser. Une fois fini, il doit avoir les dimensions représentées ci-dessous. Je suis partie des dimensions d’un canapé en lin bien connu 🙂

Une plaque d’OSB entière de 205×67,5cm servira pour le dossier : sa longueur doit donc correspondre à la longueur du sommier tapissier qui fait 200cm. La hauteur du dossier devant être à 80cm du sol, la plaque sera donc fixée à 12,5cm du sol (12,5+67,5=80).

Il faut couper l’autre plaque pour les accoudoirs qui doivent faire la largeur du sommier tapissier + l’épaisseur de l’OSB qui crée le dossier donc 82. La hauteur d’un accoudoir devant être à 68cm du sol, et la plaque fixée à 12,5cm du sol comme le dossier, la découpe devra donc être à 55,5cm (68-12,5=55,5).

En résumé : couper 2 morceaux de 82×55,5cm dans la 2ème plaque d’OSB3.

Déballer le sommier tapissier, enlever la toile de protection agrafée au-dessous, la mettre de côté (on pourra la remettre tout à la fin pour protéger le dessous de la poussière) et fixer les 4 pieds fournis.

Avec des serre-joints, fixer le dossier au sommier tapissier à l’aide de 4 boulons pour une hauteur finie à 80 cm du sol. Les boulons choisis sont très gros pour garantir la solidité de la structure. Il est possible d’ajouter des petites cales côté intérieur du sommier pour que l’empattement de l’écrou soit plus large : nous avons choisi des chutes de parquet en chêne qui est un bois dur. 

Faire de même avec chaque accoudoir, pour une hauteur finie à 68 cm du sol.

Assembler ensuite le dossier et les accoudoirs avec les équerres : les plus longues dans le coin extérieur haut, les plus courtes à l’intérieur un peu en dessous.

LE REMBOURRAGE

Déballer le matelas et le poser dessus. Avec un crayon de papier, tirer un trait sur l’OSB intérieur de la structure au niveau du matelas, afin de savoir où arrive le matelas. 

Pour protéger la mousse sur les arêtes, il est possible de placer du scotch de peintre. 

Agraffer ensuite une plaque de mousse entière sur le dossier en commençant par l’intérieur : la fixer 1cm au-dessus du trait, avec des agrafes de 14mm de profondeur prise dans la moitié de l’épaisseur afin de ne pas casser la forme droite. Agrafer également les côtés et à quelques endroits du dossier extérieur. Couper le surplus avec un cutter et une règle de maçon.

Dans la seconde plaque de mousse, couper deux rectangles de 85x100cm. Dans chacun, dans un coin en haut, couper une fente de 31cm de long à 9cm du bord (vérifier les dimensions sur votre canapé) : cette découpe permet de mouler l’accoudoir tout en gardant de la mousse pour la tranche du dossier et aller jusqu’au coin du dossier.

Agrafer ces deux rectangles de chaque côté. Couper au ciseau, l’arrondi du coin haut et découper au cutter le surplus en bas.

Dans les chutes, couper la mousse qui viendra recouvrir la tranche des accoudoirs : séparer la mousse en deux dans l’épaisseur, un morceau pour chaque tranche. Sculpter en direct pour coller au plus près du relief de la mousse déjà fixée sur l’accoudoir, puis agrafer.

Vérifier que le matelas vient bien se glisser sous la mousse, ce qui permettra de le maintenir.

On vient ensuite fixer la ouate. Commencer par les accoudoirs : à la limite du dossier d’un côté et en laissant déborder de 10cm côté bord d’accoudoir. Agrafer à l’intérieur au niveau du matelas, bien droit le long de la mousse, puis à l’opposé en dessous du sommier en tendant bien. Réaliser ensuite le pliage de la tranche, et agrafer.

Avec des bandes de ouate, réaliser les coins en fixant d’abord au sommier puis en haut en soignant le pliage.

Finir par fixer la grande bande de ouate manquante sur le dossier, agrafé à l’intérieur puis au niveau du sommier. Le faire à deux permet de bien tendre la ouate.

LA TOILE

Avec de vieux draps, on vient ensuite recouvrir la ouate en procédant un peu de la même façon : d’abord les deux accoudoirs, puis le dossier. Ici on ne fait pas un morceau spécifique pour les coins. Ils sont intégrés dans le pliage en laissant de la marge sur le dossier, qu’on viendra ensuite appliquer sur l’accoudoir et qui sera recouvert par la toile qui permet de recouvrir l’accoudoir. Dans les coins, il n’y a pas de fixation. C’est la tension réalisée entre les agrafes situées à l’intérieur au niveau du matelas et les agrafes fixées au sommier qui maintiendra le tout.

Cette étape de couverture de la ouate avec du tissu fin en coton n’est en soi pas indispensable mais elle va permettre de protéger la ouate à long terme et aussi elle permettra à la housse de glisser dessus plutôt que d’accrocher la ouate. 

Finir par réagraffer la toile de protection en dessous pour éviter à la poussière de rentrer.

On peut enfin remettre le matelas en place et admirer, le gros du canapé est fait !

 

le patron

En tout premier lieu, laver les draps anciens à 60° pour être sûr qu’ils ne rétrécissent pas ensuite et éliminer les traces de colle qui peuvent subsister sur les draps anciens quand ils n’ont jamais été utilisés.

Réaliser un patron en croquis en mesurant directement sur le canapé que vous avez réalisé. Toutes les mesures seront les mesures finies, elles ne prennent pas en compte la marge pour la couture qui sera réalisée au moment de la découpe.

Ici, vous voyez les mesures de notre canapé mais vérifiez-bien vos mesures, elles peuvent changer si vous n’avez pas fait exactement comme nous pour la structure ou les dimensions du matelas/sommier.

C’est-à-dire : dessiner un rectangle dont la longueur est celle du bas de la housse côté devant jusqu’au bas de la housse côté derrière. Prendre vos mesures au ras du sol.

La largeur doit correspondre à la largeur la plus large nécessaire, c’est-à-dire celle au ras de sol arrière. Pour la définir, mesurer l’arête supérieur du dossier et ajouter 6 cm de chaque côté pour créer l’aisance, soit 12 cm.

Ainsi, puisque c’est la longueur finie de votre housse, la longueur de ce rectangle ne va pas bouger. Elle sera divisée en 4 sections : dossier arrière extérieur, dossier intérieur, assise, devant. 

En revanche, c’est la largeur qui va s’adapter pour épouser le relief du bord de votre canapé.

On a donc mesuré 2 largeurs : bas arrière et arête dossier. On continue avec la mesure du fond de l’assise et on hésite pas à ajouter 1cm de chaque côté pour l’aisance (par ex, ma mesure au réel était 191, mais je fais ma housse à 193). On mesure ensuite l’arête du matelas au niveau des genoux, qui crée notre 1ère mesure à cet endroit, et on ajoute 3 cm de chaque côté pour atteindre la couture de la tranche de l’accoudoir, qui sera nervuré (Pour ma part, 197 et 203 répartis à 3 cm de chaque côté pour créer le décroché).

Enfin, la dernière mesure, celle au ras du sol, mesure finie, à laquelle ajoute 3 cm de chaque côté pour l’aisance toujours. 

Il ne faut pas hésiter à mettre de l’aisance si nécessaire puisqu’on pourra la réduire ensuite à la couture si elle est trop importante, alors que le contraire n’est pas faisable. Une fois coupé, c’est coupé.

Pour les accoudoirs, on va imaginer faire 2 rectangles, qui se transformeront en trapèze avec l’aisance.

D’abord, le côté intérieur : mesurer hauteur et largeur finies, et ajouter 3 cm en bas de chaque côté pour l’aisance.

Pour le côté extérieur, le plus compliqué car il doit prendre en compte la pointe. On commence par ne pas s’en soucier. Mesurer hauteur et largeur finies du rectangle sans mesurer la pointe. De la même façon, ajouter cette fois ci 5cm de chaque côté en bas, au ras du sol, pour l’aisance. On a à nouveau un trapèze.

Pour la pointe, on applique un morceau de papier fin, de patronage, ou comme moi, une chute de plastique de protection de chantier qui permet de voir à travers sur le canapé. Avec un feutre, on peut alors dessiner la pointe telle qu’elle viendrait sur le rectangle qu’on a mesuré précédemment, en prenant soin de dessiner également le bord de l’arête du dossier et la couture verticale du coin du canapé qui serviront de repère. On peut arranger un peu ce patron sur papier, pour lui donner la forme qu’on souhaite et encore donner un peu d’aisance à la jonction avec l’arête du dossier. Pour ma part, j’ai accentué un peu le triangle pour créer vraiment une pointe et non un arrondi.

La coupe

Poser votre plus beau drap au sol plié parfaitement en deux dans le sens de la longueur et reproduire le tracé de votre patron/croquis là où vous aurez votre couture à l’aide d’un stylo et d’un mètre ruban qui vous permet de tracer les droites. Petit rappel, la marge de couture est prise en compte ensuite à la coupe. Comme vous avez plié votre drap en deux pour une coupe exactement identique de chaque côté, les mesures à prendre en compte sont celles de votre patron divisées par deux.

Commencer à couper comme sur votre croquis en prenant les mesures à chaque section. Concernant la marge de couture, compter : 

  • 1,5 cm partout sur la couture entre les pièces
  • sauf 1 cm à la pointe pour faciliter les plis à l’intérieur
  • sauf 4 cm à l’ourlet en bas au ras du sol

Bien penser à faire un petit cran de 0,5cm au ciseau à chaque section : ces fentes seront vos repères d’assemblage avec les morceaux des accoudoirs.

Pour la coupe des accoudoirs, plier votre tissu en deux avant de couper deux morceaux identiques.

Pour l’accoudoir extérieur avec la pointe, vous viendrez alors poser le patron de la pointe sur le trapèze avant de couper, en prenant soin de bien aligner la pointe dans un coin supérieur avec les autres bords. Pour ensuite couper le morceau pointe comprise.

 

LA COUTURE

Reste maintenant à coudre les pièces ensemble : n’oubliez pas, toujours endroit contre endroit. J’ai commencé par assembler les morceaux des accoudoirs. Puis j’ai préparé chaque accoudoir avec le morceau principal en mettant une épingle à chaque repère cran, avant de coudre. Si ça forme des plis parce qu’un côté est plus long que l’autre, pas de panique, vous devez pouvoir le glisser dans un coin où il sera caché par les coussins.

J’ai vérifié plusieurs fois en installant les morceaux sur le canapé pour être sûr que ce soit ajusté. Et puis, c’est parti ! Il faut y aller doucement, surtout quand vous arrivez à un angle.

Une fois la housse faite, reste à faire l’ourlet en bas. Puis la nervure à 0,5cm sur l’endroit, sur la couture de la tranche.

Concernant le choix du fil, cela va dépendre si vous souhaitez teindre votre housse. En effet, le polyester ne se teint pas, or les fils sont souvent en polyester. Et les fils en coton ne sont pas assez résistants pour ce type d’ouvrage. Pour ma part, j’ai fait le choix d’utiliser un fil en polyester se rapprochant le plus possible de la couleur finie, à savoir vert.

Pour les coussins, je suis partie d’oreiller de 65 cm de large alors que je veux des coussins de 60 cm. J’ai donc réalisé des coutures sur 2 côtés en poussant le rembourrage avec des épingles pour les raccourcir.

Puis j’ai réalisé les housses des coussins : 3 pour les coussins de 60cm, 2 pour les coussins de 50cm. Je suis partie sur un modèle en portefeuille, avec un pan qui recouvre l’autre à l’arrière, que je fermerai avec des boutons. 

Pour la coupe, j’ai donc coupé les morceaux ci-après : 

  • Coussin 60cm : 1 carré de 63cm + 2 rectangles de 63x41cm
  • Coussins 50cm : 1 carré de 53 cm + 2 rectangles de 53x34cm

Une fois assemblés, j’ai également cousu une nervure à 0,5cm.

 

LA TEINTURE

J’ai choisi de teindre mes canapés car, même si je les trouve très beaux en blanc, je voulais qu’ils puissent cohabiter avec les mains de mes enfants sans que je fasse une crise cardiaque à chaque fois qu’ils montent dessus. 

Mais également parce que les draps anciens ne sont pas toujours blanc, ils peuvent être beige, avec des nuances différentes. C’était mon cas avec les deux draps plats brodés qui composent les deux assises. Ils sont très beaux en lin mais ils étaient vraiment beiges.

J’ai donc choisi une teinture du commerce de base mais tout-en-un qui se fait à la machine. J’ai choisi la teinte Kaki 21 de chez Idéal et l’ai réalisée de façon à ce que la teinte ne soit pas trop intense. 

J’ai donc mis un paquet entier pour la housse qui pesait 1800gr et ⅔ de paquet pour les coussins qui pesaient 1100gr. Puis j’ai lavé à 30° en cycle coton, donc avec une chaleur pas trop forte pour rester sur une teinture plus légère.

 

Résultat : je suis super contente de la couleur qui dans l’ensemble s’est harmonisée selon les morceaux bien qu’ils ne soient pas de la même composition. La teinte crée des dégradés à certains endroits, je suppose que c’est lié aux résidus de colle qui pouvaient être sur les draps malgré le lavage préalable. Mais ça ne me gêne pas. Cela contribue au côté délavé du rendu final. 

Maintenant reste plus qu’à trouver quelques coussins différents : je cherche des coussins en velours ou à rayures plutôt dans les tons gris et blanc, pour le côté graphique et apporter un peu de modernité.

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